Santé mentale : un enjeu pour toutes les générations

Santé mentale : sortir enfin de l’angle mort humain

La santé mentale ne peut plus être abordée uniquement sous l’angle médical ou psychiatrique. Elle est devenue un enjeu humain, social, territorial et générationnel majeur.
Après plusieurs années d’accompagnement en tant que psychopraticien en Moselle et récemment une formation de secouriste en santé mentale avec PSSM France, un constat revient constamment : beaucoup de personnes en souffrance ne demandent jamais d’aide.
Non pas parce qu’elles ne souffrent pas mais parce qu’elles ont le sentiment de déranger, de ne pas être comprises, d’être jugées ou simplement parce qu’elles ne savent plus mettre de mots sur ce qu’elles ressentent.
Nous parlons souvent des jeunes, parfois des personnes âgées, mais trop rarement du lien entre ces générations qui vivent pourtant des formes de solitude et d’incompréhension étonnamment proches.
Chez les jeunes, l’anxiété, l’isolement, la pression sociale, la perte de confiance, l’hyperconnexion mais le manque de vrais liens humains.
La peur de l’échec et l’absence de perspectives lisibles.
Chez les personnes âgées et notamment en EHPAD : la perte de repères,
le sentiment d’inutilité, de solitude affective, la dépression silencieuse et le manque d’écoute réelle.
La fin de vie parfois médicalisée mais insuffisamment humanisée.

Dans les deux cas, beaucoup de souffrances restent invisibles.
Nous avons probablement trop construit des réponses autour du soin, sans suffisamment reconstruire autour du lien humain.

Au Canada par exemple, le prise en charge hospitalière liée à la santé mentale intègre souvent 3 aspects distincts et complémentaires : l’accompagnement médical, religieux et psychologique. Tribal parfois.

La santé mentale ne se résume pas à ouvrir davantage de consultations, même si elles restent indispensables. Elle suppose aussi de recréer des espaces d’écoute,
de former davantage les citoyens aux premiers repères, de lutter contre l’isolement, de redonner une place sociale aux personnes fragilisées et de remettre l’humain au centre de nos organisations.

Les EHPAD, notamment, devront probablement évoluer dans les années à venir vers des lieux plus ouverts, plus vivants, davantage connectés à la société et aux générations plus jeunes.

De la même manière, les jeunes ont besoin d’adultes réellement disponibles, capables d’écoute sans jugement immédiat.

La santé mentale est peut-être l’un des grands défis silencieux de notre époque.
Et il ne pourra pas être relevé uniquement par des professionnels.
Il devra devenir une responsabilité collective.

Christophe Bignon
Conseiller Municipal de Porcelette – Modem57

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