Sujets libres

LA DEMANDE D’ASILE EN FRANCE

Bien qu’on s’inquiète partout de la perte de biodiversité, la diversité de la société humaine dans notre pays continue de poser problème et la restriction du droit d’asile devient de plus en plus sévère.
On pourrait pourtant imaginer un système simple pour décider de l’attribution du droit d’asile aux immigrants : vérifier pendant une période de deux ans leur volonté et leur capacité à s’intégrer dans la société française, soit en apprenant la langue, soit en suivant avec succès une formation professionnelle, soit en travaillant. L’asile ne serait octroyé que si, au bout de ces deux années, ils avaient apporté la preuve de leur capacité à s’intégrer par leur travail et par les contacts noués avec la population, l’asile étant ainsi une valorisation de l’effort d’intégration.
La politique menée est exactement l’inverse. Après une longue période d’attente pour l’inscription de leur demande d’asile, les immigrants ont ensuite à attendre, pendant environ deux ans, l’examen de leur dossier par la Cour Nationale du droit d’asile. Quand vient enfin le jugement, la question de leur intégration, des amitiés qu’ils ont pu tisser en France, des travaux réalisés, n’est nullement prise en considération. Cette question est évacuée. Le jugement se fonde exclusivement sur les conditions du départ de leur pays d’origine. Dans de nombreux cas le départ est né de conflits interraciaux, sur lesquels, bien sûr, les juges n’ont que de vagues notions. Il s’agit de conflits sur lesquels les journaux locaux des pays concernés donnent certes des informations, mais sans citer de façon précise les noms des personnes mises en cause, et où les commissariats de police donnent des relevés souvent peu fiables. Les juges ont beau jeu de refuser l’asile à 80 % des demandeurs, avec les mêmes attendus perpétuellement ressassés : « les motifs précis de la venue en France demeurent inconnus », ou encore « les articles de presse ne permettent pas d’établir le caractère personnel des craintes auxquelles l’intéressé serait exposé en cas de retour au pays ». En clair : vous vous êtes intégré dans la société française, vous vous êtes comporté dignement chez nous, mais maintenant la société française vous renvoie dans votre ancien pays, en reprenant le fallacieux prétexte que l’arrivée de quelques milliers d’immigrants risquerait de faire baisser nos salaires. Ces jugements de la Cour Nationale du droit d’asile, qui deviennent de plus en plus systématiques actuellement, sont la manière la plus sournoise d’agir contre les immigrants, car elle porte sur des individus qui ont eu confiance dans une justice calme et sereine en agissant dans la légalité. L’opinion publique n’y voit rien, et si ces gens restent quand même en France après le jugement, on fait d’eux des délinquants. Leur seul tort a été de demander légalement à devenir français, sans qu’on ne leur ait jamais permis de mettre à l’épreuve cette aptitude.

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